A propos de ce blog

Je suis psychologue clinicien installé en libéral où je reçois des enfants, des adolescents et des adultes depuis 2005.

Ma pratique thérapeutique avec les enfants m’a toujours conduit à rechercher régulièrement des médiateurs thérapeutiques pour m’aider dans le suivi de ces patients. Cette activité de recherche, de nouveauté et d’outils fait écho à ce que j’ai reçu comme enseignement à l’université “un bon psychologue se doit d’être ouvert et créatif”.

Introduire un nouvel outil dans l’espace thérapeutique oblige nécessairement à penser et re-penser sa pratique avec le matériel apporté par le patient ; c’est une dynamique d’une grande richesse s’il en est.

Ainsi, mon ouverture d’esprit et ma créativité se trouvaient particulièrement en phase avec le suivi des enfants mais cette dynamique n’était pas présente pour le suivi des adolescents. Certes le jeu vidéo s’invitait régulièrement en séance pour ceux dont les capacités de verbalisation permettait un échange de qualité mais pour les autres…

 Inspiré de l’expérience des précurseurs tels que F. Lespinasse (1996), B. Virole (1992) et M. Stora (2002) parmi les plus connus, j’ai décidé en décembre 2011 de me lancer dans l’utilisation du jeu vidéo en tant que médiateur thérapeutique.

J’ai commencé par les Sims 3, puis quelques mois plus tard Minecraft a rejoint mon arsenal thérapeutique, suivi par Portal 2 en juin 2014, Papo & Yo, Never Alone… Vous l’aurez compris, le monde du jeu vidéo venait de me permettre d’enclencher la dynamique évoquée pour les suivis d’enfants. La même démarche, les mêmes questions, la même préoccupation de l’intérêt de l’outil avec telle ou telle problématique comme lorsque je suis dans le rayon jeux pour les enfants.

 La réussite a été supérieure à ce qui était attendu dans la mesure où l’introduction du jeu vidéo en séance a bénéficié également aux suivis d’enfants. Je me retrouve avec un outil thérapeutique utilisé par deux populations de patients, les enfants et les adolescents, ce qui n’était pas le cas avec les playmobils, le train en bois, etc… Cela me permet de voir comment tel ou tel jeu est investi à certains âges, à différents niveaux d’intensité de telle ou telle problématique.

 Je suis encore très surpris lors de certaines de mes interventions d’être interpellé par mes interlocuteurs sur cette pratique thérapeutique qui se voudrait récente, voire même surprenante alors que cette pratique a plus de quinze ans d’antériorité.

 Cela m’interpelle d’autant que de plus en plus de psychologues utilisent cet outil auprès de leurs patients mais une dynamique “publique” ne se crée pas suffisamment autour de cette pratique, dans le sens où elle reste trop confidentielle. Il ne s’agit pas de faire la promotion d’une pratique mais de la rendre visible, à hauteur de ce qui fourmille au sein des groupes de psychologues sur les réseaux sociaux.

 J’ai ainsi eu l’idée de ce blog, comme la mise en avant concrète d’une pratique clinique concrète pour que d’autres psychologues investissent l’outil, pour un certain public professionnel et non professionnel car aujourd’hui, en 2015, de nombreux colloques en psychologie n’abordent même pas la question du numérique dans leurs réflexions sur le métier de psychologue. Nous sommes encore bien loin d’une intégration de cette pratique dans la formation des psychologues.

 Je vais simplement exposer par écrit ce que j’ai l’habitude de faire à l’oral, témoigner d’une pratique clinique et tenter d’en montrer toute la pertinence dans le suivi de nos petits patients, comment l’espace thérapeutique peut-être si intensément investi par un adolescent qui est venu en thérapie parce qu’il y avait “jeu vidéo” dans la phrase :  “je te propose de rencontrer un psychologue qui connaît et utilise les jeux vidéo”.

 Ce blog n’est pas à mon nom car il ne s’agira pas de ma seule pratique, d’autres collègues viendront enrichir de leur pratique “thérapeutico-vidéoludique” un jeu vidéo particulier, et / ou sur un support différent.

 Certes, parfois nous “réinventerons la roue” mais quel bonheur de marcher sur les traces de nos prédécesseurs et d’arriver nous aussi au même résultat, aux mêmes effets. J’aimerais que ce soit cette dynamique qui transpire, cette force qui émane de la pratique thérapeutique et qu’un jour lors des colloques de psychologie il n’y ait plus d’étonnement à cet endroit.

 Bruno BERTHIER